" À travers ce jeu
« projectionnel » de la Mue,
où le visiteur voit l'enveloppe de son corps couvert de tissus blancs recevoir
l'empreinte lumineuse de nudités photographiées, Froger souligne les enjeux
primitifs du transport de l'image cinématographique dont un objet-écran
immaculé (ou non) intercepte (ou non) le rayon et soulève le « paradoxe
de l'écran dans sa double fonction d'indifférence et de nécessité dans le
processus de projection : les images sont irréductiblement étrangères aux
surfaces qui interceptent le faisceau mais ce sont pourtant ces surfaces qui
les incarnent ». Parallèlement se montre l'extrême vulnérabilité du
dispositif cinématographique dont il suffit de couper le faisceau du projecteur
pour que toute forme s'évanouisse. Installé dans l'indéterminé de son
apparition, l'espace transformé de Mue
s'ouvre sur l'expérience sensible des paradoxes du surgissement des images et
de leur évanouissement qui travaillent le cinématographe dans la fragilité de
son intensité. "